« L’éthique est un luxe »

Eric Fassin. DR

Eric Fassin. DR

La gestation pour autrui peut-elle échapper aux rapports de domination économique? Où se situe la limite entre exploitation et rémunération « équitable »? Quelle est la place de l’argent dans l’accès à la procréation? Entretien avec le sociologue Eric Fassin.

La gestation pour autrui (GPA), autorisée dans certains pays comme les États-Unis, l’Inde ou l’Ukraine, reste très chère. Elle pose de manière très directe la question de la place de l’argent dans l’accès à la procréation: qui peut se permettre une GPA?

L’argent n’est pas un enjeu réservé à la GPA. Oui, la GPA coûte cher. Cela dit, la PMA n’est pas donnée non plus ni l’adoption internationale d’ailleurs. Mais surtout, quelle que soit la méthode de conception, ou plus largement de filiation, ce qui est vraiment onéreux, c’est d’élever des enfants ! D’où, en France, la politique d’allocations familiales. Aux États-Unis, même accoucher revient cher. Le coût élevé soulève donc la question du remboursement : quand est-il légitime, quand ne l’est-il pas? C’est un choix politique. En France, la plupart d’entre nous jugeons qu’il l’est quand il s’agit de contraception ou même d’avortement. Aux États-Unis, le remboursement public de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) provoquerait aujourd’hui une tempête politique.

Bref, il ne s’agit pas seulement du coût ; l’argent pose d’abord des questions de principes. C’est le domaine qu’il est convenu en France d’appeler bioéthique, ce qui risque de faire oublier qu’il est aussi biopolitique. Par exemple, le législateur a choisi de ne pas rémunérer le don de gamètes pour la procréation médicalement assistée (PMA). Or cette décision de gratuité renvoie à une représentation plus générale qui joue aujourd’hui dans notre société un rôle important : un principe que je qualifierai d’exception sexuelle.

Qu’entendez-vous par « exception sexuelle »?

C’est comme l’exception culturelle : on veut soustraire la culture à la logique marchande. De même, sexualité et reproduction feraient pareillement exception à la logique du marché. La politique abolitionniste de la France vis-à-vis de la prostitution relève ainsi de l’exception sexuelle : il s’agit de soustraire le corps à l’économie. Le sexe n’aurait rien à voir avec l’argent.

Cette position de principe répond à un problème bien réel : l’exploitation. C’est un risque qu’on ne peut pas balayer d’un revers de main, qu’il s’agisse de la prostitution, de la GPA ou de l’adoption internationale. L’exception sexuelle soulève cependant deux questions.

D’une part, l’exception pourrait bien être une manière de confirmer la règle. Quand on dit: « Pas question que le marché s’impose à la culture », faut-il comprendre que le marché peut régner partout ailleurs ? Ce serait une manière de ne pas toucher à l’ordre des choses, à quelques exceptions près. Or il est intéressant – et je pense que ce n’est pas un hasard – que ce discours d’exception, culturelle ou sexuelle, se développe à un moment où la France en général, et particulièrement le socialisme de gouvernement, se rallie avec enthousiasme au néolibéralisme. Et en particulier chez des personnalités qu’on n’a jamais entendu s’insurger contre l’empire du marché. Il faut donc préciser : veut-on dénoncer la marchandisation en tant que telle, ou la marchandisation du sexe ? S’agit-il de combattre l’exploitation en tant que telle ou seulement l’exploitation des corps ?

D’autre part, la logique de l’exception sexuelle revient à dire qu’il y aurait des domaines impurs, c’est à dire l’économie, et d’autres qui seraient purs et auraient vocation à le rester, comme le sexe ou la culture. Or toute notre expérience montre que ni le sexe ni la culture  n’échappent aux inégalités socio-économiques. En général, la conjugalité est socialement égalitaire. Il y a bien peu d’alliances entre le prince et Cendrillon, entre le milliardaire et la fille des rues – a fortiori l’inverse!

Les rapports économiques traversent donc l’ensemble des relations sociales. Je m’inscris ici dans le prolongement des analyses de la sociologue Viviana Zelizer : elle travaille de longue date sur l’imbrication entre rapports économiques et relations affectives.

Prenons un exemple : dans les rapports familiaux intergénérationnels, il y a une circulation d’argent. D’un côté, beaucoup de parents transfèrent de l’argent vers leurs enfants, même adultes. Et de l’autre, certains aident leurs parents âgés. Il y a d’ailleurs des obligations légales : la loi vient redoubler la légitimité de la norme. Dira-t-on que cette circulation d’argent fausse les sentiments ?

Mais où voit-on des relations affectives affranchies de tout intérêt ? On sait bien par exemple que le mariage est une institution qui organise en même temps les relations économiques et sexuelles du couple. Croire que l’amour n’a rien à voir avec l’intérêt, c’est s’exposer à de graves déconvenues, comme on le voit au moment des séparations. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne serait « rien d’autre », pour reprendre l’expression de Zelizer, qu’un calcul intéressé !

C’est d’ailleurs pourquoi, précisément d’un point de vue féministe, il me paraîtrait problématique d’entériner l’opposition entre l’économie et les sentiments. Comment comprendre sinon que le mariage et la famille soient traversés par la domination, et que celle-ci s’y déploie tout particulièrement ? Depuis le dix-huitième siècle, le libéralisme politique considère le foyer comme un havre de paix dans le monde impitoyable de la lutte économique. Mais ce refuge suppose la constitution de deux sphères étanches, publique et privée – qui sont au principe de la relégation des femmes, exclues de la politique en même temps que de l’économie pour être confinées dans l’espace domestique. Bref, c’est un déni des rapports de domination au sein même de la sphère dite « privée », soit une manière de leur donner libre cours.

Vous dites donc que la question de l’argent s’imbrique dans absolument tous les domaines de la vie ; prétendre autre chose est un leurre.

Oui, ce serait illusoire. À mon sens, la question n’est donc pas de préserver quelques exceptions hors du marché, à l’écart de l’argent, mais d’organiser les rapports entre l’économie et le reste – les relations affectives, la sexualité, mais aussi la filiation et la reproduction. Autrement dit de les soumettre à des règles pour les assujettir à des principes.

Cela voudrait dire une régulation du marché ?

Entre les parents et les enfants, il y a certes une circulation d’argent, mais peut-on vraiment parler de marché ? Je dirais plutôt une organisation des rapports économiques et de pouvoir, toujours déjà imbriqués dans les liens affectifs. Car il ne s’agit pas seulement de célébrer la gratuité du don, comme on pourrait être tenté de le faire pour échapper aux reproches des partisans de l’exception sexuelle. L’enjeu, pour moi, ce n’est pas d’exempter la reproduction de tout rapport économique, ce qui revient en pratique à effacer les traces de l’argent, mais de contrecarrer au maximum les effets de la domination. Qu’est-on prêt à accepter, et dans quelles conditions, et que convient-il au contraire de refuser – « à tout prix », si l’on peut dire ?

Revenons à l’exemple de l’avortement. En France, ce n’est pas une pratique à but lucratif, puisque l’État le prend en charge. Mais aux États-Unis, l’avortement ne relève pas de l’État ; il se pratique donc dans le privé. Est-ce à dire qu’il est soumis à la seule loi du marché ? Non, car des féministes se mobilisent pour faire vivre des cliniques pratiquant l’IVG. C’est une pratique militante – non seulement pour résister à la pression de la droite religieuse, mais aussi en vue de le rendre accessible aux jeunes filles et aux femmes moins fortunées. On pourrait imaginer pareille mobilisation pour la PMA, et même pour la GPA, précisément afin de les soustraire au marché, ou encore pour réduire les effets de la domination. Ce serait une manière, par la solidarité, de conjurer le risque d’exploitation.

La sexualité tarifée – la prostitution – et la procréation tarifée – la GPA – sont souvent mises en parallèle dans le débat public, surtout par ceux qui souhaitent les dénoncer, à cause de l’intervention de l’argent.

D’ordinaire, ce sont effectivement les adversaires de la GPA qui font le parallèle pour s’appuyer sur l’abolitionnisme qui domine le débat sur la prostitution. En conséquence, quand on veut défendre la GPA, d’habitude, on évite de faire le rapprochement – histoire de ne pas redoubler le stigmate ! Et si, au lieu d’éviter la difficulté, on prenait au sérieux la comparaison ?

D’abord, elle nous aiderait à éviter un vocabulaire polémique qui décrit mal la réalité. Il ne s’agit pas de vendre, mais de louer. Le client n’achète pas un droit à vie sur le corps de la personne qui se prostitue. De même, la GPA suppose un contrat à durée déterminée. La distinction est importante : cela permet de mesurer la différence avec le mariage. L’épouse qui porte l’enfant s’engage bien au-delà de la grossesse et sans être rémunérée : sa responsabilité s’étend au moins jusqu’à l’âge adulte de sa progéniture. Il est vrai que cela lui ouvre des droits sur l’enfant mais c’est l’envers de responsabilités. Le « contrat sexuel » du mariage, pour parler comme Carole Pateman, aliène la « propriété de la personne ». Mais à la différence de cette philosophe féministe, celles qui, au nom du féminisme, s’opposent aujourd’hui à la GPA, oublient ou évitent le plus souvent de s’en prendre aussi au mariage.

En quoi la prostitution et la GPA se ressemblent-elles sur cette question de location du corps?

Notons d’abord, dans les deux cas, qu’il ne suffit pas de passer de la vente à la location pour que disparaissent les rapports de domination : si nous étions tentés de l’oublier, l’exemple du marché de l’immobilier nous le rappellerait. On relèvera en même temps une dissymétrie : il y a des hommes qui se prostituent ; il n’y a que des femmes qui donnent de leur personne dans la maternité de substitution. Or le problème de la domination n’est pas un fait de nature : on ne peut donc le réduire au seul fait que ce sont les femmes qui portent les enfants.

Les défenseurs du droit à la prostitution, comme du droit à la GPA, plaident le plus souvent qu’il s’agit d’un travail qui, au fond, ne serait pas si différent des autres. Et en particulier du travail des prolétaires qui n’ont que leur force physique à mettre sur le marché. On parle de travailleurs ou travailleuses du sexe ; on pourrait donc, de leur point de vue, parler de travailleuses de la reproduction… Cet argument me paraît fragile. D’abord en effet, il me paraît paradoxal de défendre la prostitution ou la GPA en disant qu’après tout c’est une forme d’exploitation comme une autre. Ce n’est plus l’exception qui confirme la règle, mais (symétriquement) le cas particulier illustrant un destin général !

Je voudrais mettre en lumière une autre difficulté que ne devraient pas éluder les défenseurs de la GPA : dire que le travail sexuel ou reproductif est un travail comme les autres, c’est faire abstraction du sens que nos sociétés accordent à la sexualité, d’un côté, et à l’expérience d’enfanter, d’autre part. La preuve ? Personne n’envisage jamais, me semble-t-il, que la femme qui accepte de porter un enfant pour d’autres couche avec le futur père pour concevoir l’enfant. C’est bien que personne ne considère que tout cela n’aurait aucune importance particulière ! J’ai même le sentiment que ce statut particulier commence aujourd’hui à s’étendre aux femmes qui s’occupent des enfants : le « care » est de moins en moins considéré, dans ce cas, comme un travail ordinaire. On ne le compare pas à celui de la caissière ou de l’ouvrière.

Je ne suggère pas que c’est pour des raisons intemporelles  – en raison de la « nature » de la sexualité, de l’enfantement, ou de la femme. Je dis bien : « aujourd’hui ». En effet, avec Foucault, je constate que nous vivons dans des sociétés où le sujet se construit dans et par la « vérité » de son sexe et de sa sexualité. C’est bien pourquoi les questions sexuelles, loin d’être soustraites à la politique comme avec la démocratie libérale depuis le dix-huitième siècle, sont devenues des questions politiques par excellence. C’est ce que j’appelle la démocratie sexuelle. Désormais, le sujet politique est un sujet sexuel.

ll ne s’agit donc pas de revendiquer de manière simpliste que les femmes sont « libres » de louer leur ventre, et que tout le monde l’est de louer son sexe. Non seulement cette liberté sexuelle est toujours déjà prise dans les rapports de domination ; mais en outre, sa définition est devenue un enjeu politique par excellence, au même titre que l’égalité sexuelle. Pour ou contre la GPA, par exemple, tout le monde se réclame de la liberté et de l’égalité. C’est donc aussi par le sexe que se constitue le sujet politique.

Je voudrais revenir aussi sur un point qui me semble négligé dans le débat. La critique de la GPA ne peut pas faire l’économie d’une critique de la maternité en général. Qui peut croire que le risque d’exploitation concerne seulement la première, et nullement la seconde ? De même, qui peut croire qu’avoir des enfants soit une réalité « pure », indépendante des rapports économiques ?

Dans la GPA, les rapports de domination sont évoqués surtout quand il s’agit d’un couple occidental qui va en Inde ou en Ukraine – moins lorsqu’il s’agit d’un couple qui va aux États-Unis.

Quand on va dans les pays en développement, il est impossible d’ignorer le fait massif de la domination. Mais il ne suffit pas de rester dans les pays riches pour se soustraire à cette réalité ! C’est un peu comme si on disait que, pour déjouer la domination raciale, on va rester entre blancs. Ou, pour prendre une autre comparaison, comme si l’on croyait que l’homosexualité permet d’échapper à la domination masculine. Renversons donc les choses : au moins, quand on va en Inde ou en Ukraine, on ne peut pas éviter de se poser des questions. Mais à l’inverse, une fois qu’on a reconnu qu’il y a de la domination, en réponse, faut-il renoncer, ou plutôt, peut-on se retirer ? Car il n’est pas possible de vivre à l’écart des rapports de domination : nous sommes forcément pris dedans. Ce qui ne veut pas dire qu’on s’en accommode, ou qu’on s’y résigne.

Ainsi, il y a des rapports de classe, ou de race, dans notre propre société ; et nous y vivons quand même, avec les privilèges éventuels liés à notre position. Reste à voir ce qu’on en fait, ce qu’on y fait. C’est une question qui se pose de manière exacerbée, bien sûr, quand on touche ainsi à l’intimité. Étant donné la réalité de la domination, et la conscience qu’on en prend, la question n’est pas seulement de s’autoriser et d’autoriser à recourir à la GPA ou pas, mais, si l’on y recourt, de décider dans quelles conditions et à quelles conditions. Je crois que c’est déjà ainsi que se pose la question pour les gens qui adoptent des enfants dans les pays dits du Sud : étant donné ce rapport inégal, comment faire au mieux ?

Certain-e-s évoquent une GPA « éthique » aux Etats-Unis et « non éthique » en Inde ou en Ukraine. Est-ce un hasard si la GPA est considérée comme « non éthique » dans des pays où les inégalités et les rapports de domination sont plus criants, et « éthique » dans les pays où ils le sont un peu moins?

On comprend la logique : si on recourt à une mère porteuse d’un pays pauvre, on se dit qu’elle a besoin d’argent ; mais dans un pays riche, on peut plus facilement se raconter qu’elle n’est pas dans la nécessité, mais dans la liberté. Il est donc tentant d’en conclure : « mieux vaut m’adresser à des riches ; ainsi, je suis sûr qu’ils seront désintéressés. Ils ne sont pas dans le besoin, mais dans le choix. Bref, ce « service » n’est pas fondé sur une relation d’argent ! » On achète donc le fait de se dire qu’il ne s’agit pas d’argent…

… et on se dédouane des rapports de domination?

Comment éviter l’exploitation ? Suffit-il de s’adresser à des femmes qui seraient relativement à l’abri du besoin ? C’est un peu ce qu’on se raconte quand on embauche une baby-sitter étudiante de classe moyenne, de son monde, plutôt qu’une prolétaire de couleur, qui est d’un autre monde. Ce qui est intéressant, c’est qu’une autre idée n’apparaît guère : la compensation financière pourrait être vue comme une forme de redistribution.

Payer un pauvre serait donc de l’exploitation.

En revanche, ne pas payer une « riche » n’en serait pas. C’est paradoxal – mais je ne dirai pas que c’est hypocrite. Car je voudrais y insister : qui d’entre nous ne réagirait pas ainsi ? Il est plutôt vertueux d’avoir une exigence éthique. Mieux vaut s’interroger plutôt que de ne pas se poser de question. Encore ne faut-il pas s’arrêter à la culpabilité ; la mauvaise conscience n’est pas bonne conseillère ! Cette réaction est compréhensible, mais elle repose sur une incompréhension largement partagée de la domination : celle-ci ne se joue pas seulement dans l’interaction ; elle est systémique. Cette logique n’est pas purement individuelle ; elle est structurelle.

D’ailleurs, pour certain-e-s ce qui différencie GPA « éthique » et « non éthique », c’est justement l’interaction et la relation entre les parents d’intention et la mère porteuse dans le premier cas, et son absence dans le second, qui fonde la différence. L’interaction et la relation permettent-elles de gommer la domination – et donc d’être plus « éthique »?

Il est certain que cela permet une relation plus incarnée, moins abstraite ; mais en quoi cela suffirait-il à se débarrasser de la domination ? Un patron humain, c’est bien ; mais le paternalisme, c’est de la domination aussi – même si, et c’est important, elle s’exprime sous une forme différente. L’éthique ne devrait pas servir à gommer la domination : pour prolonger la comparaison, il ne suffit pas d’être un bon patron pour en avoir fini avec la question sociale. Mais quand même, c’est déjà ça; et c’est tout aussi vrai pour ceux qui recourent à la GPA.

La classe sociale entre en jeu aussi dans l’accès à la procréation, y compris dans des pays où la GPA est autorisée. Dans les faits, les moins fortunés iront dans des pays dits « non-éthiques » en France, comme l’Ukraine ou l’Inde.

Tout comme ceux qui n’ont pas les moyens vont chercher des soins dentaires ou médicaux dans des pays à niveau de vie inférieur. A l’inverse, quand on veut acheter du café équitable, ça coûte plus cher. L’éthique est un luxe.

 

Propos recueillis par Taina Tervonen et Mathieu Nocent, en Juin 2014, à Paris

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8 réflexions au sujet de « « L’éthique est un luxe » »

  1. evelynegaillourdet

    Finalement que défend le sociologue? Quelle position prend-il face à un sujet aussi grave que la GPA? Il mélange beaucoup de faits en les mettant sur le même plan: est-ce un raisonnement légitime? Certes le mariage aussi est une pratique de domination des femmes mais il a une longue histoire, des lois pour protéger les conjoints, des évolutions sociales qui changent sa signification bref c’ est une institution avec tout son poids culturel. La GPA n’est qu’une technique médicale récente basée sur un soi-disant « droit à l’enfant » mais ce droit n’existe pas, on peut juste parler d’un « désir d’enfant « tout au plus! L ‘enfant n’est pas un bien que l’on acquiert, c’est une personne qu’on aide à vivre en l’éduquant et en l’aimant. Quant à l’image de toutes les femmes, réduites à des utérus que l’on peut louer (ou à des sexes que l’on peut acheter si on reprend l’analogie avec la prostitution qui effectivement dans ce cas fonctionne assez bien) citerons-nous à nouveau Simone de Beauvoir et les égouts? Non! Comme au XVIIIe siècle on louait des nourrices à la ferme pour la petite enfance des aristocrates créant ainsi des « frères ou des soeurs de lait » dont la littérature nous a transmis les tribulations devra-t-on parler dorénavant de « frère ou de soeur d’utérus »? Quel progrès vraiment! Non l’éthique n’est pas un luxe, elle est à la base de toute relation (éducative ou affective) elle nécessite une conscience morale et le sens de la responsabilité individuelle. Elle concerne toute personne dans une démocratie qui se veut moderne.

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  4. ROUAND

    Dans tes rêves : comme dit souvent une amie : j’aimerais bien partager ma vie avec « Enthéorie »!!!…
    J’entends tout à fait vos arguments. Cela fait des années que je m’interroge sur la légitimité de la prostituée. J’ai suivi depuis toujours leurs combats leurs écrits leur bouquins etc…
    Au final je suis pour les rapports librements consentis entre individus et régulés par l’échange d’argent ( car c’est la monnaie d’échange instituée ms ce pourrait être autre chose!!!!) Comme pour la GPA. Il n’y a que la réglementation la loi et la justice qui pourront réguler ces échanges ( enfants plaisir sexe etc) et endiguer tous les dérapages des femmes qui n’auront pas les moyens de vivre sans louer une partie de leur corps et une capacité physique. Ét je ne suis pas plus choquée par la vente de mon ventre ou de mon sexe que par la location de mon cerveau, de mes yeux , de mes mains, de mes capacités physiques dans mon job très très mal payés d’ailleurs ! On a fait des lois pour tenter de ne plus esclavagiser les travailleurs ! Ça a marché un temps. Là il faudra à nouveau lutter mais ça ça fonctionne pour tous les droits acquis et grignotés au cours du temps.

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